La transmission d’un patrimoine familial sur plusieurs générations soulève souvent des questions complexes, notamment en matière de fiscalité successorale, mais aussi d’enjeux patrimoniaux.
De plus en plus, du fait du veillissement de la population, les héritiers héritent (trop?) tard, alors que leurs revenus et leurs patrimoines sont bien établis.

Parmi les mécanismes les plus utilisés pour optimiser ces transmissions, la représentation successorale permet aux descendants (enfants, petits-enfants) de recueillir la part d’un héritier renonçant à la succession.
Cependant, lorsque des donations préalables par le défunt avaient été réalisées au profit de l’héritier renonçant, une incertitude fiscale persistait : les donations antérieures reçues par ce parent devaient-elles alourdir la fiscalité des petits-enfants ?

La Cour de cassation a tranché le 8 juillet 2026 dernier : Non
(Chambre commerciale, pourvoi n°25-13.219 et arrêt n°379 FS-B – https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000054447774)

Cette décision sécurise donc les familles, dans leurs stratégies de transmission intergénérationnelles.

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1) Le mécanisme de la représentation successorale

Lorsqu’un héritier renonce à une succession, ses descendants (par exemple les petits-enfants du défunt) peuvent recueillir sa part par représentation.
Ce mécanisme permet de favoriser les transmissions entre grands-parents et petits-enfants.

Exemple

Un grand-parent décède, et laisse pour héritiers 2 enfants, C et D.
Si C renonce à la succession, ses propres enfants (les petits-enfants du défunt) peuvent recueillir sa part par représentation, comme si ils héritaient directement de leur grand-parent.
D, de son côté, peut tout aussi bien mener la même stratégie, ou bien accepter la succession. 

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    2) Le rappel fiscal des donations antérieures

    En matière successorale, les donations consenties par le défunt à un héritier dans les 15 ans précédant son décès sont « rappelées » (c’est-à-dire réintégrées fictivement dans la masse successorale) pour le calcul des droits de succession.

    Le rappel fiscal tient compte compte des donations passées les 15 dernières années, et à taxer la succession sur les tranches hautes du barème progressif (pour rappel, en France en ligne directe, les tranches vont de 5% à 45%, au-dela de l’abattement).

    Fallait-il tenir compte des donations antérieures reçues par le renonçant?

    Dans l’affaire soumise à la Cour de cassation le 8 juillet dernier, une mère décède et laisse pour héritière sa fille.
    Cette dernière a renoncé à la succession.
    Par représentation, ses trois enfants (les petits-enfants de la défunte) ont accepté la succession.

    L’administration fiscale considèrait que les donations antérieures consenties par la grand-mère à sa fille (la mère des petits-enfants) devaient être prises en compte pour déterminer le barème applicable aux petits-enfants, ce qui les placaient d’emblée dans une tranche d’imposition élevée (40 %).

    Les héritiers ont contesté cette interprétation, estimant qu’ils devaient être imposés selon leur propre lien de parenté avec la défunte (grand-parent ⇒ petit-enfant), sans tenir compte des donations reçues par leur mère, conformément à la loi applicable.

    La cour de Cassation a cassé la décision de la Cour d’Appel, en rappelant qu’en vertu de plusieurs articles de loi,

      • le renonçant est censé n’avoir jamais hérité
      • le mécanisme du rappel fiscal concerne uniquement les donations antérieures reçues du défunt par l’héritier acceptant, et ne pas inclure les donations antérieures reçues par leur parent renonçant.

    Les petits-enfants venant par représentation ne subissent donc pas les conséquences fiscales des donations reçues par leur parent renonçant. 

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      3) L’intérêt de la renonciation à une succession

      Cette décision renforce la sécurité fiscale et juridique de la renonciation successorale, dans les stratégies de transmission sur plusieurs générations. 

      Cette stratégie familiale et intergénérationnelle limite les droits de transmission :

        • à un 1 seul coût (droits de succession grand-parent ⇒ petit-enfant)…
        • … au lieu de 2 (droits de succession grand-parent ⇒  parent, PUIS parent ⇒ petit-enfant)

      Enfin, elle permet potentiellement aux petits-enfants (plus jeunes que leurs auteurs) de recueillir directement un héritage. 

      ⚠️

      La renonciation successorale est toutefois à apprécier au cas par cas.
      Nous vous invitons notamment à faire le point avec votre notaire. 

      En effet, elle a des conséquences civiles et économiques importantes

        • elle est universelle : elle vaut pour l’ensemble de la part successorale
        • elle est pure et simple… et non « au profit de » (ce qui vaudrait acceptation de la succession et donation)
        • elle est irrévocable : le renonçant ne pourra pas revenir sur sa décision, même si ses conditions de vie, de revenus et patrimoniales se dégradent fortement 
        • elle peut répartir un même bien entre plusieurs générations et branches familiales (oncle, tante, neveu et nièce), ce qui peut être source de mésentente
        • elle fait supporter la charge économique et financière de ce patrimoine aux héritiers acceptants (droits sur la succession, entretien et impôts sur le patrimoine reçu etc…)  

      Chez WELLPHI, nous savons que chaque situation familiale est unique, et nous vous aidons à construire une stratégie patrimoniale solide, sécurisée et optimisée, en tenant compte de ces évolutions jurisprudentielles.
      A très bientôt !